02 septembre 2008
Dans la maison de l'Enchanteur
Lobita et Calinou traversent les douceurs verdoyantes de l'Ain, puis de Bourgogne; en quête de repos - et d'un bon repas!, ils atterrissent dans la cave secrète et humide d'un collectionneur de vins. Puis ils cheminent dans les rues d'une ville, construite sur les ruines d'une abbaye immense: en honneur au ciel lumineux et au temps estival, Calinou chante un merveilleux Concert Spirituel pour le Roi Soleil, aux Grandes Heures de Cluny.
La route se perd dans l'ancienne campagne, où même les maisons en pierre se font rares. Les hérons et les grues picorent au milieu du bétail en liberté, les faucons et les buses planent. Finalement, nous sommes reçus dans une maison fortifiée. Avant d''entrer, un brin inquiète, je me cache parmi les fleurs noires d'un rosier centenaire: j'en respire un instant l'étrange effluve citronné. Les chouettes nichent au sommet de la tour. Dans la maison il y a une cheminée énorme et des lits à baldaquin, de lourds pans de brocard orangé recouvrent les tables.
Mais le magicien exerce son pouvoir grâce à une baguette de chef d'orchestre, et son maître était Igor Stravinsky. C'est à son étincelle que nous devons ce voyage, car il a animé et dirigé le Concert pour le Roi Soleil; dans sa maison, je n'ai pas trouvé de pièce où les femmes infidèles sont ligotées et égorgées (peut-être n'ai-je pas assez bien cherché...?)
Deux billets plus tard, voici nos photos du wek-end à la Pierreuse (cliquez ici)
Cliquez sur le dessin pour visionner un beau site photo.
27 août 2008
Dracula dans mes filets
Oui! J'ai piégé le Comte de Transylvanie!
Mais juste avant qu'il se transforme... il tenait dans la paume de ma main et voilà à quoi il ressemblait (cliquez ici!)
Par contre, même dans sa forme la moins redoutable, un sacré tempérament: il n'a pas arrêté de se débattre et rouspéter, à coup de petits cris menaçants!
C'était hier soir à la reserve naturelle de la Pointe à la Bise, où les mains expertes d'un collègue avaient posé des filets en position stratégique.
Ce voyageur de la nuit possède un système d'ultrasons, qui normalement lui permet d'éviter tout obstacle; mais il semble qu'il ait des moments de distraction, lorsqu'il parcourt un itinéraire familier, ou alors... lorsqu'il vole la bouche pleine (pas d'ultrasons pendant qu'il mâchouille!).
Et quel effet ça fait de le toucher? Rien de désagréable, il est plutôt soyeux et chaud.
Le détail hilarant: l'une des émanations du Comte tombée dans nos filets était, selon notre expert, carrément obèse: elle atteignait le poids record de... 10 grammes! :-)
Si vous voulez connaitre la vraie histoire du Comte, cliquez ici: elle est passionnante...
18 août 2008
Tétée vertigineuse
Bonjour à tous...
Je reviens d'une autre aventure préalpine et aquatique, et j'ai un peu de peine à toucher le sol...
Cela se comprend: j'ai vu un petit chamois téter sa maman, les deux perchés au sommet d'une cathédrale rocheuse.
Avec mon groupe (A Rocha CH), nous avons aussi suivi un troupeau de bouquetins (femelles et jeunes), de si près, qu'une vieille bouquetine irritée a grimpé au sommet d'un pic et a fait rouler une grosse pierre (heureusement, sans nous toucher).
Nous avons encore vu un aigle royal tournoyer dans le ciel, et un troupeau de 13 chamois en fuite, puis au pâturage. Pendant près de 20 minutes, nous avons observé un Tichodrome Echelette, le plus bel oiseau des Alpes, en train de chasser. Et puis nous sommes descendus vers le lac en tempête pour admirer d'autres espèces, la plus grande colonie de Grèbes Huppés et un Grand Gravelot en migration!
Je suis en train de récolter et trier les photos: en attendant, regalez-vous des liens en cliquant sur chaque mot en couleur...
31 juillet 2008
Connaissez-vous Bergame?
En réalisant le montage, j'ai eu plus d'une pensée pour le papa du Louveteau, décédé l'an dernier au mois d'Août.
23 juillet 2008
Et pourtant ils l'avaient avertie
En compagnie de Calinou, Lobita redecouvre le canton qu'elle habite depuis vingt ans.
Que ceux qui croient que Genève est une ville se détrompent: c'est un territoire, en partie urbain, mais aussi agricole et...sauvage!
Derrière l'imposant barrage du Rhône et la moche usine de recyclage, une sorte de petit Canada aux milles surprises s'étend. Les berges du fleuves deviennent douces et boisées; à côté, des prairies naturelles en fleur, des forêts, des roselières et des étangs abritent toute sorte de jolies créatures à poils et à plumes.
Parfois, Calinou étant retenu par ses engagements (artistiques et) professionnels, Lobita s'en va seule. Elle avait été avertie, il n'y pas que de gentilles créatures inoffensives dans la brousse genevoise. Elle n'y pensait plus. Ce soir, alors qu'elle explorait de nouveaux sentiers, une rencontre émotionnante l'attendait.
Le dialogue s'ouvrit par un gigantesque "HOINK". Par bonheur, les cinq (!) poilus cherchaient la paix et la nourriture, plus que la bagarre. Ce n'était pas l'intention de Lobita de leur dérober leur boue gavée de délicieux petits vers, chacun a donc pu passer son chemin sans ouvrir les hostilités.
01 juillet 2008
A l'heure du coucher, le paradis perdu
Il y a vingt ans, lorsque j'ai quitté l'Italie pour Genève, la campagne genevoise m'est apparue bien plus rude et sauvage que les zones cultivées de mon pays natal: ces dernières sont claires et ensoleillées, vers le centre de la péninsule; au nord, elles sont plates, disciplinées et brumeuses.
Rien à voir avec cette campagne vallonnée, cernée de près par les pentes parfois abruptes des Préalpes et les forêts du sombre Jura.
C'est bien au coeur de la campagne genevoise que j'ai récemment découvert - à une heure de marche de l'immeuble où je vis! - une niche de nature quasiment sauvage. C'est ce genre de biotope détesté des cultivateurs, que les humains se sont acharnés à vouloir effacer de la planète: une zone humide, le Marais de Sionnet.
Imitez cet citoyen vert de Sionnet, blottissez-vous dans les herbes hautes et attendez l'heure du crepuscule: où à la lumière rousse, puis bleutée, les animaux deviennent moins prudents et le marais revèle ses trèsors.
Sinon, cliquez sur la photo et baladez-vous à travers le marais en compagnie de Patricia...
19 juin 2008
Les nouvelles aventures de Lobita et Calinou
Cette fois, c'était oser cheminer vers les hauteurs et le froid. Après une balade tranquille au coeur de la Forêt d'Aletsch, qui borde le plus beau des glaciers;
après une douce nuit dans une suite de l'ancien château, où l'excentrique Monsieur Cassel invitait Winston Churchill (mais que faisait là-bas ce fumeur de cigare?), il a fallu se lever avant l'aube et cheminer le long des sentiers alpins. Dure épreuve!
A mi-chemin, un troupeau de biches, guidées par leur Prince de la Forêt, a traversé notre sentier, descendant vers la vallée. Nous avons pu les suivre un long moment , à l'aide de nos jumelles.
Puis, nous sommes arrivés au lieu prévu, où la récompense nous attendait. Sur la crête , contre le ciel qui virait au rose pâle, ils étaient là, fiers et magnifiques. Qui? Cliquez ici pour le découvrir...
Et si vous voulez apprendre plus sur l'histoire de ces lieux extraordinaires, cliquez sur la photo...
07 juin 2008
Epuisée, heureuse et...
Mon mercredi de repos s'est transformé en étrange errance mythique à travers mon propre pays. Mon câlinou et moi avons flâné du bord du lac au coeur humide de la campagne, jusqu'aux aux crêtes du Jura couvertes de forêt. Le temps nuageux ne nous a pas effrayé; au contraire, la végétation nouvelle s'allumait d'un éclat fluorescent dans la lumière voilée, et c'était beau. Je ne sais pas ce que nous avons fait, peut-être avons-nous poursuivi l'eau, remonté ses voies. La même eau qui ruisselle des sommets des sapins, rejaillit dans l'ombre de la terre, des centaines de mètres plus bas, puis de plus en plus trouble coule vers le grand bassin du lac - en charriant tous ses mystères, les pensées inconnues des poissons et des oiseaux.
Même les champs avaient des yeux - de renards et chats sauvages.
Hier, changement brutal: la musique, la foule - nous nous sommes produits au festival des Voix du Prieuré. Comme j'ai déjà expliqué d'autres fois, nous formons un petit ensemble féminin + un soliste masculin, et chantons de la musique liturgique orthodoxe; hier par contre, nouveauté, avec une soprano j'ai chanté en duo - une difficile pièce contemporaine de Giacinto Scelsi, 8 minutes devant 400 personnes,
dont quelques spectateurs très avertis. Nous avons eu beaucoup de succès; et pourtant, c'était parfois si lourd que je devais chercher un peu de paix dans le cloître ou la crypte (merveilleuse église de Saint-Laurent, au Bourget-du Lac).
Avec les belles émotions et la passion, ce sont aussi les blessures de mon enfance qui se rouvrent. Dans l'intimité tout est beau et lumineux, mais au contact avec le monde les démons se réveillent; je lutte pour rester accrochée à la raison. Hier soir, l'attitude un peu déplacée d'une de mes camarades a suffi pour que le temps d'un instant je sois entièrement louve, et plus du tout humaine. J'étais choquée de ma propre réaction!
19 mai 2008
Eternité, escargots et coccinelles
Hier, mon susucre favori chantait la Petite Messe Solennelle de Rossini, à l'Eglise du Chateau de de Compesières. Après le (beau) concert, nous avons fui le public pour profiter un instant de la vue sur les remparts du Mont Salève et la plaine, entre soleil couchant et arc-en-ciel. Nous avons emprunté les allées d'un de ces petits cimetières de campagne, ceux qui sont trop vieux et coquets pour être tristes.
Ici, un escargot minuscule grimpe sur la pierre tombale d'un dénommé François; là, une tombe bien plus imposante, celle d'une Grand-Croix de l'Ordre de Malte (!), est décorée d'escargots géants, presque aussi longs que ma main. Il est vrai que l'église appartenait autrefois à cet ordre illustre; et il est normal que chaque tombe arbore les escargots qu'elle
mérite.
Quelques mètres plus loin, il y a une tombe qui paraît presque anonyme, tellement l'inscription sur la croix est petite. Il y a une modeste couronne avec un angelot, qui semble se prélasser gaiement à l'ombre de la croix, et une grosse coccinelle en plâtre: probablement, elle est censée porter bonheur au défunt, lors de son dernier voyage. Voilà une sépulture bien sympa.
Gioachino Rossini, un homme qui pensait à la mort dans l'optimisme et la bonne humeur: «Bon Dieu… la voilà terminée, cette pauvre petite messe. Est-ce bien de la musique sacrée que je viens de faire, ou bien de la sacrée musique ? J’étais né pour l’opera buffa, tu le sais bien ! Peu de science, un peu de cœur, tout est là. Sois donc béni et accorde-moi le Paradis.»
11 mai 2008
Fête des Mères de toutes les espèces
Les photos de cette pages appartiennent à un photographe mieux équipé et plus doué que moi, Serge Hänzi. Visitez sa page!
Voyant de gros nuages maussades s'accrocher aux sommets du Jura, j'ai pris le chemin du lac à la place de celui de la montagne. Comme les oiseaux dont vous voyez ici les pattes, je ne méprise pas la vase.
Partout sur les rives sablonneuses, à l'abri des branches et dans l'ombre discrète des quilles, dans les ports de plaisance, des ménages se construisent, des histoires d'amour commencent, des familles nombreuses sortent des oeufs.
Ici un couple de grèbes huppés a construit son nid flottant. La femelle s'y couche, en penchant langoureusement le cou vers l'eau, le mâle taquine du bec les plumes caudales de la compagne; comme elle le repousse mollement, il revient à l'assaut en chantant. Une note grave, rauque, semblable à un râle, d'abord lent et rythmique, s'accélère ensuite pendant que l'oiseau se dresse, ouvre les ailes et atteint le but. Après l'acte, l'effronté marche désinvoltement sur le corps de sa compagne et redescend à l'éau en enjambant sa tête. Si ce n'est pas de la domination...
Là, un drame: un bébé de foulque macroule s'est perdu et tente vainement de se faire nourrir par une maman de substitution. Elle le chasse rudement.
Un groupe de jeunes m'a aidé à identifier d'autres espèces, qui se régalaient des créatures de la vase près d'un îlot lacustre. J'ai ainsi dressé une liste de noms fabuleusement imaginatifs: gravelot, chevaliers gambette et guignette, bécasseau minute, combattant varié, sarcelle d'été, rousserolle effarvatte.
















