25 mai 2008
Vive les Mouflets écolo!
La planète à l'école ,une école pour la planète...
19 mai 2008
Eternité, escargots et coccinelles
Hier, mon susucre favori chantait la Petite Messe Solennelle de Rossini, à l'Eglise du Chateau de de Compesières. Après le (beau) concert, nous avons fui le public pour profiter un instant de la vue sur les remparts du Mont Salève et la plaine, entre soleil couchant et arc-en-ciel. Nous avons emprunté les allées d'un de ces petits cimetières de campagne, ceux qui sont trop vieux et coquets pour être tristes.
Ici, un escargot minuscule grimpe sur la pierre tombale d'un dénommé François; là, une tombe bien plus imposante, celle d'une Grand-Croix de l'Ordre de Malte (!), est décorée d'escargots géants, presque aussi longs que ma main. Il est vrai que l'église appartenait autrefois à cet ordre illustre; et il est normal que chaque tombe arbore les escargots qu'elle
mérite.
Quelques mètres plus loin, il y a une tombe qui paraît presque anonyme, tellement l'inscription sur la croix est petite. Il y a une modeste couronne avec un angelot, qui semble se prélasser gaiement à l'ombre de la croix, et une grosse coccinelle en plâtre: probablement, elle est censée porter bonheur au défunt, lors de son dernier voyage. Voilà une sépulture bien sympa.
Gioachino Rossini, un homme qui pensait à la mort dans l'optimisme et la bonne humeur: «Bon Dieu… la voilà terminée, cette pauvre petite messe. Est-ce bien de la musique sacrée que je viens de faire, ou bien de la sacrée musique ? J’étais né pour l’opera buffa, tu le sais bien ! Peu de science, un peu de cœur, tout est là. Sois donc béni et accorde-moi le Paradis.»
16 mai 2008
Tendresse
Je me suis encore baladée sur les rives du Léman.
En cette période, non seulement les grèbes huppés sont en parade nuptiale; chez certains autres oiseaux, la chose est faite...
Ici à l'ombre d'un petit yacht, une foulque macroule a construit son nid au creux du vieux pneu, qui sert à faire flotter le câble reliant le bateau au quai du port. Drôle, on dirait qu'elle pose à travers un cadre rond, un peu comme le lion de la MGM... en version bien tranquille...
Là, au coeur d'un ancien étang épargné par les entrepreneurs, un autre nid se dresse, protégé par les roseaux. Papa foulque arrive à toute vitesse avec de la nourriture dans le bec, Maman reçoit un petit bout, mais aussitôt trois minuscules têtes rouges et ébouriffées sortent de son plumage noir: les petits réclament leur part!
De retour à la maison, je constate que les poussins de rouge-queue (du nid construit dans ma fenêtre) sont éclos: ça piaille doucement et de petit becs se tendent vers les parents affairés. Le minuscule papa se montre inquiet lorsque j'ouvre la fenêtre; perché sur une branche à côté, il ne me quitte pas des yeux.
Les animaux nous rappellent les gestes fondamentaux de la tendresse: protéger, nourrir. Les fondements de la vie. Je vais vite rafraîchir ma coiffure et passer un coup de fil, histoire de mettre en pratique...
11 mai 2008
Fête des Mères de toutes les espèces
Les photos de cette pages appartiennent à un photographe mieux équipé et plus doué que moi, Serge Hänzi. Visitez sa page!
Voyant de gros nuages maussades s'accrocher aux sommets du Jura, j'ai pris le chemin du lac à la place de celui de la montagne. Comme les oiseaux dont vous voyez ici les pattes, je ne méprise pas la vase.
Partout sur les rives sablonneuses, à l'abri des branches et dans l'ombre discrète des quilles, dans les ports de plaisance, des ménages se construisent, des histoires d'amour commencent, des familles nombreuses sortent des oeufs.
Ici un couple de grèbes huppés a construit son nid flottant. La femelle s'y couche, en penchant langoureusement le cou vers l'eau, le mâle taquine du bec les plumes caudales de la compagne; comme elle le repousse mollement, il revient à l'assaut en chantant. Une note grave, rauque, semblable à un râle, d'abord lent et rythmique, s'accélère ensuite pendant que l'oiseau se dresse, ouvre les ailes et atteint le but. Après l'acte, l'effronté marche désinvoltement sur le corps de sa compagne et redescend à l'éau en enjambant sa tête. Si ce n'est pas de la domination...
Là, un drame: un bébé de foulque macroule s'est perdu et tente vainement de se faire nourrir par une maman de substitution. Elle le chasse rudement.
Un groupe de jeunes m'a aidé à identifier d'autres espèces, qui se régalaient des créatures de la vase près d'un îlot lacustre. J'ai ainsi dressé une liste de noms fabuleusement imaginatifs: gravelot, chevaliers gambette et guignette, bécasseau minute, combattant varié, sarcelle d'été, rousserolle effarvatte.
09 mai 2008
3 jours sans internet
L'invraisemblable est finalement arrivé: trois jours de connection morte, serveur introuvable, panne générale.
Que fait une internaute et blogoholique impénitente de trois jours sans internet?
Étrangement, rien - pas de révolte, pas de frustration. On dort, on chôme, on rêve, on boit, on dessine.
On s'en va une fois de plus vers les hauts du Jura pour y rencontrer la forêt et ses habitants, on redescend voler des glycines et des lilas aux jardins.
On écrit, sur papier, et on croque de nouvelles histoires, à filmer peut-être un jour; on réinvente des scénarios (le projet The Unfamiliar recommence à avancer après quelques mois d'impasse).
Et lorsque la voix de l'opérateur Swisscom se confondant en excuses vous annonce que la connection est rétablie, on découvre plein de nouvelles choses étonnantes et stimulantes que les amis vous ont envoyé, par exemple celle-ci
01 mai 2008
Une journée perdue?
Je me réjouissais de ce jour-cadeau, un congé immérité et offert par la chance. J'avais mon petit plan, aller me balader sur les hauts du Jura et possiblement dénicher quelques animaux.
Mauvaise surprise: dès le matin, météo pourrie, nuages et pluie. :-( Que faire alors?
9h: j'ouvre ma mailbox et découvre un message apocalyptique d'un ancien ami. Téléphones tous azimuts, Centre des Thérapies Brèves, cliniques, justice genevoise.
11h: j'ouvre encore ma mailbox (erreur, me direz-vous) et découvre un message du cameraman censé intervenir dans un projet important (explication dans quelques semaines, TOP SECRET pour le moment): il ne peut pas, doit partir en Allemagne. En outre, aucune trace des rushes que j'aurais dû recevoir du Cambodge et Amérique Latine. Téléphone au commanditaire: impossible de bien travailler comme ça, réfléchissez, explications fleuve, l'autre semble ne rien comprendre, mais comment, pour produire un film de 4 minutes il faut plus de 4 minutes? Ah bon? :-(
12h: message catégorique à l'auteur du script et actuelle directrice du projet.
13h-14h: mon amour m'envoie des messages à répétition du bord de la Méditerranée, où il se trouve actuellement, avec ce type de propos vaguement délirants que la passion suggère. Je rends coups pour coups.
15h-17h: sors résolument, fais un peu les marchés et les vitrines de Genève, trouve 2 magnifiques pièces de tissu indien, l'idée: proposer à Maman de m'aider a rafraîchir les coussins des 6 chaises de ma grande table.
18h: téléphone de Marco S., connaissant et ami de l'ami sinistré qui a envoyé l'e-mail ce matin. Personne raisonnable et généreuse (ça existe?). Élaboration d'une stratégie commune et plans A et B pour prendre en charge le sinistré: je raccroche soulagée et satisfaite.
19h: dernière ouverture de ma mailbox et - cette fois ce n'est pas une erreur! - découverte d'un message du commanditaire ramolli, qui m'offre un délai d'un mois supplémentaire ET des rushes du Guatemala, du Cambodge et du Salvador.
20h: téléphone de Maman qui est toute heureuse du projet "chaises"; elle déteste l'inactivité, me dit-elle.
21h: surprise: appel d'une amie géorgienne que je n'ai pas vu depuis une année.
Fin de journée... dans un paquet-cadeau il n'y a pas toujours ce qu'on a souhaité recevoir, mais le cadeau inattendu s'avère souvent bien plus intéressant, me disait une camarade chrétienne-orthodoxe.















