31 août 2007
Souvenirs de moments heureux
A une semaine de cette journée de deuil, des souvenirs de moments joyeux pourrtant récents me reviennent comme d'un autre monde. J'ai créé un nouvel album photo avec des images d'une sortie au Col du Bretolet (CH), que j'ai organisé pour un groupe de passionnés d'ornithologie, liés à l'organisation chrétienne A Rocha. Vous trouverez l'album ci-contre à gauche, les photos sont de Steve Tanner.
24 août 2007
Serment
Mon Louveteau jure que
lorsqu'on aura inventé une thérapie efficace contre le cancer, il ira
au cimetière et sortira son papa de la tombe: il jure qu'il va l'arracher à la mort.
ça ne marchera pas, il le sait. Quoi que...
Il essuiera toute larme de leurs yeux,
et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni
douleur.
Apocalypse 21.1-4
... le commentaire de Jipes m'a fait penser à un merveilleux morceau de Bach, que je vous invite àécouter en cliquant ici
Mon Louveteau est orphelin
Les absurdes décorations de cette salle d'attente qui se veut accueillante, papillons verts et rose, fausses fleurs en cascade, un malheureux petit oiseaux dans une cage et des poissons rouges et noirs dans un aquarium. Moi et mon Louveteau sommes affalés sur un canapé, appuyé l'un à l'autre, lui bouquine une ancienne édition de Mickey Mouse: pour se distraire.
Curieux, comme la mort va et vient à un endroit pareil. La normalité sait reprendre ses droits, on voit les gens aux yeux rouges et aux visages bouffis se mettre à rire nerveusement, on les entend parler des pièces à ajouter dans le parcomètre. Pendant que les lions de la douleur rôdent en quête de chair.
Nous sommes déjà entrés et ressortis de la chambre, car son père l'a reconnu, il s'est soulevé dans un dernier élan, a souri, lui a adressé un dernier clin d'oeil, puis a sombré dans le sommeil imposé par la morphine - le combat est terminé, mais Louveteau espère encore naïvement, je le sais. Après un repas qu'il a pris dans la bonne humeur, nous avons fait une dernière tentative, nous nous sommes rapprochés du lit. Les plis du t-shirt retombent sur le corps horriblement amaigri de celui qui fut un grand et bel homme jovial; la poitrine se soulève encore douloureusement, mais le rythme ralentit. Avec un courage totalement mystérieux pour moi, le Louveteau contemple l'affreux masque de mort, qui lentement se dessine à la place du visage de son père. On nous renvoie à la maison, pour nous épargner le dernier acte. Nous nous endormons dans la même chambre, lui dans son lit et moi dans un lit de camp à côté.
Le matin après j'ouvre les yeux, la lumière blême d'une lampe de poche erre dans le noir, derrière j'aperçois le visage hagarde de ma soeur. Pas besoin de demander quel genre de nouvelles elle vient de recevoir. Nous flâneront un peu dans les rues du centre adoucies par le soleil, le stand d'un marchand de fleurs attirera notre attention, le Louveteau achètera un bouquet de roses - il hésitera entre blanches et rouges, ce sont les rouges qu'il va choisir. Nous voici dans la chapelle, confrontés à un mannequin de cire tout habillé, allongé sur une table et couvert d'un drap blanc. Encore une fois Louveteau va m'épater, car il se dirige vers le mort et en embrasse le visage sans ciller - je n'aurai pas le même courage.
Arrive un vieux moine à la barbe blanche, sa tunique noire traîne tristement. J'essaie d'expliquer au
Louveteau ce que signifie lux perpetua luceat eis. Il me demande si c'est comme dans les dessins animés, où on voit les héros s'envoler au dessus des nuages. Pas vraiment... quoi que...
Certaines choses l'agacent: pourquoi le mort de la chapelle à côté a droit à d'imposantes installations florales, à un présentoir avec un grand livre, et pas son papa. On lui explique que ça va venir, à une heure et demie. Comment se passe un enterrement, va-t-il être obligé de porter un costume et une cravate. Mais non, qu'importe la tenue.
Pendant le repas - très abondant, car il a faim - il me dictera un texte élaboré à publier dans le journal. Un ami de vieille date de son papa, qui accourt de Rome, lui offre un petit louveteau en peluche, le symbole de l'équipe de foot romaine.
Six mots hideux, griffonnés par les médecins de la clinique italienne:
K renale metastasi ossee metastasi epatiche
Six mots, la fin d'un monde d'espoirs, projets, affects.
D'autre part, toute cette tendresse désespérée, cette douceur, ce quelque chose qui s'obstine à s'affairer en vain jusqu'au bout. Je hais toute cette littérature cynique, qui nous amène à sous-estimer la place que nous avons dans ce monde, et le vide que nous laisserons.
15 août 2007
Les poissons du ciel
Les Perseïdes? C'est quoi? Des poissons du ciel! A l'époque de la Saint-Laurent, vous les voyez bondir dans l' océan céleste et étaler leur livrée argentée. Jusqu'à l'aube, je vous le garantis, car notre miraculeuse pêche aux étoiles a bien duré d'1 h à 6 h du matin, lundi dernier...
Aujourd'hui, Lobita est très fière d'elle, car elle a grimpé sur un sommet, chose presque inouïe pour quelqu'un qui a peur du vide. Elle s'est traitée quelques fois de folle mais curieusement, cela ne l'a pas arrêtée.
Il s'agit de la Dent de Jaman, faisant partie d'un massif qui a déjà inspiré Brueghel... et j'en profite pour vous inviter à visiter ce site très sympathique, qui vous montre la montagne rêvée par les outils d'un grand peintre. Ci-dessous, l'annotation en rouge n'est pas de Brueghel. ;-)
09 août 2007
Ma Dilettante préférée...
...A conservé ce texte, que j'avais écrit il y a plus d'une année sous forme de commentaire, sur le blog d'une connaissance commune. Elle a eu la gentillesse de me le renvoyer, hier. C'est ça, une amie.
Depuis mon enfance,
les ainés de ma famille ont parlé de la
beauté extraordinaire de ma grande-mère paternelle ; personne n'a cependant
jamais vu une seule photo de cette femme.
Pourquoi? On dit que mon
grand-père (en proie à un accès de colère) aurait allumé le feu avec toutes les
photos de son épouse, la croyant infidèle.
Or, une de mes
tantes
aimait faire les marchés aux puces des petits villages de sa région,
en quête de petits trèsors ménagers (vieilles marmites en cuivre, vieux pots
en céramique etc.). Un jour de marché dans un petit bled campagnard, l'amie qui
l'accompagnait lui indiqua un portrait à l'aquarelle exposé à un stand:
"Regarde, Béatrice, on dirait que c'est toi en plus jeune!".
Effectivement,
le portrait lui ressemblait, mais ma tante n'avait jamais posé pour un peintre. Le portrait lui rappelait un autre visage aimé. Elle se renseigna auprès de la personne qui
mettait en vente le portrait, remonta jusqu'à son auteur; la femme peintre
lui raconta avoir utilisé comme modèle la photo, trouvée chez des amis, d'une jeune femme
extraordinairement belle, . Ma tante put reconstruire
l'époque, l'âge de la photo, sa provenance: il s'agissait d'une photo de sa
mère, ma grand-mère, à l'âge de 20 ans, conservée chez des amis de la famille et ainsi soustraite à la furie de mon grand-père.
Ma grand-mère
est morte depuis longtemps, le portrait vit chez ma tante.
05 août 2007
Fragments mobiles
Je termine gentiment mon court-métrage "Waiting Room", il ne manque plus que quelque opérations de montage et l'enregistrement audio (simple, car le les dialogues ne sont pas la partie essentielle du film). J'ai l'impression qu'autour de tous ces projets actuels (court-métrage, festival) se forme peu à peu un réseau d'amateurs ou sémi-professionnels désireux d'apporter leur contribution. C'est bien.
Pendant ce temps-là, côté moins rose, les conditions de mon beau frère (le père du Louveteau!) s'aggravent et nous craignons le pire. La santé de ma soeur n'est pas non plus des meilleures. Le Louveteau est courageux mais voit la débandade de sa meute, ce n'est pas facile. Je me rendrai bientôt en Italie pour donner du renfort.
Pour me distraire un peu, hier je suis allée voir la Fête du Lac d'Annecy en compagnie d'une jeune homme très charmant.

Il m'a prise en photo, j'ai fait un Titi le Canaris avec de la glace, il m'a reprise...















