20 octobre 2005

Journal parisien IV et V

Mercredi, visite du SATIS, sigle qui comporte, je crois, le mot salon, le mot audiovisuel, le mot technologie et le mot solutions. Tout ce qu'il faut pour occuper 8 heures de ma journée. Perdue dans une foule de passionnés, qui curieusement étaient presque exclusivement des hommes (mais qu'est-ce que je faisais là?), à essayer toute sorte de logiciel de manipulation d'images numériques. C'est fou ce que l'image devient pour nous infiniment plus intéressante que sa source, que "la chose". C'est peut-être parce que l'image est le produit de notre pensée et la chose existe par elle-même et se passe de nous.

J'en ai eu la confirmation aujourd'hui avec l'Église de Saint-Sulpice, que j'ai visité principalement pour voir la chapelle des Saints Anges de Delacroix. Bien que l'architecture de l'église soit originale et imposante, les peintures de Delacroix très belles, en visionnant ma petite bande DV je me rends compte  que les images que j'ai tourné me fascinent et me captivent de loin plus que tout ce que j'ai vu avec les yeux. Si j'ai visité cette église c'est d'ailleurs parce que j'ai lu un livre qui la décrivait (écrit par un historien de l'art qui a dû passer des mois en contemplation de la Lutte avec l'Ange, si je comprends bien). Si j'étais simplement passé devant la façade classique et monumentale de Saint-Sulpice je ne crois pas que je serais jamais entrée...

Avant hier vers le soir, une personne qui aurait pu être - encore une fois - de celles auxquelles on applique l'étiquette SDF, se tenait curieusement debout devant une affiche quelconque, à l'entrée du métro rue Rambuteau. L'homme - car c'en était un - semblait très attentif et occupé par l'affiche et je n' ai pas pu m'empêcher d'épier ce qu'il faisait... En fait, il était muni d'un crayon et crayonnait lentement une zone de l'affiche suivant la texture irrégulière du support; il semblait être à la recherche de formes, de figures qui auraient pu apparaître de son crayonnage. Je reviendrai ce soir voir si son travail a avancé car j'adore les artistes des rues.

Posté par irene61 à 16:23 - - Commentaires [9] - Permalien [#]


Commentaires sur Journal parisien IV et V

    Je pense que la photo suit le cheminement de la peinture qui est passé de la représentation de la réalité à une représentation d'une idée. La source n'est plus qu'un point de départ, une source d'inspiration pour exprimer ce qu'on a en dedans de soi; même si, pesonnellement, je préfère ne pas avoir à retoucher mes images; j'essaie avant tout d'obtenir ce que je veux au moment de la prise de vue; peut être aussi parce que je ne maîtrise pas du tout les logiciels de manipulation. Vaste débat.

    Posté par berlioz, 22 octobre 2005 à 16:18 | | Répondre
  • Très belle église, qui quand elle sera renovée le sera encore plus.

    Posté par ju, 24 octobre 2005 à 11:03 | | Répondre
  • >ju

    Hélas, selon le livre de Jean-Paul Kauffmann une renovation radicale de St.Sulpice est impossible; je ne me souviens plus de la raison, je crois que c'est lié aux matériaux utilisés et au mode de construction, l'église continue à se dégrader malgré toutes les interventions qu'on y fait. Sigh! Les meilleurs s'en vont.

    Posté par lobita, 24 octobre 2005 à 13:05 | | Répondre
  • Dans certaines villes, notamment en Allemagne, on croise des églises noires, un peu crasseuses. On m'expliquait que cette couche de saleté protégeait la pierre de l'oxydation. D'où l'impossibilité de ravaler.

    peut être est-ce différent ou identique à Paris, je l'ignore, enfin, c'est dommage pour St Sulpice.

    Posté par ju, 24 octobre 2005 à 13:27 | | Répondre
  • >ju, encore

    je te cite le bouquin de Kauffmann: "(...)l'humidité. Elle infecte la pierre, désagrège le mortier de joints, mange les charpentes métalliques, perfore les toitures." et plus loin: "On a cru soulager le mal en rapiéçant l'édifice à l'aide de béton armé. L'oxydation a fini par gonfler l'armature: la pierre a éclaté." Le bouquin est de 2001, peut-être qu'ils ont trouvé une solution depuis?

    Posté par lobita, 24 octobre 2005 à 22:27 | | Répondre
  • Oui j'avais lu ça aussi sur le béton armé. Mais les études sur les conséquences de cette pratique sur certains type de pierre ne sont parues que bien plus tard.
    J'suis passé à Dresde cet été, la plupart des batiments sont noirs,ou tendent à l'être bientôt, on laisse la crasse qui finalement protège mieux que le béton armé ..

    Posté par ju, 25 octobre 2005 à 10:40 | | Répondre
  • >ju, encore2

    Tester si elle protège aussi la peau des rides? )))))))

    Posté par lobita, 25 octobre 2005 à 22:23 | | Répondre
  • ah, je t'avoue que c'est un problème auquel je n'ai pas encore à faire face, mais si on n'essaye pas, on ne saura jamais.

    Posté par ju, 26 octobre 2005 à 11:56 | | Répondre
  • >ju pour de bon

    (reponse) je crois volontiers que tu n'aies pas encore à faire au problème des rides. Moi je me défends bien, malgré mon nombre respectable de balais et l'habitude de me laver assez régulièrment )))).En tout cas j'ai encore l'air en meilleur état que St Sulpice, c'est déjà pas mal!

    Posté par lobita, 26 octobre 2005 à 19:42 | | Répondre
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